Imaina, une bruja moderne

Jeune artiste belgo-bolivienne, auteure-compositrice et interprète, Imaina (Fabiola Legrain) sort son premier EP : Wounds.

Imaina c’est de l’éléctro-pop mélancolique, une personnalité incroyable, des messages forts et nécessaires, des clips esthétiques et travaillés. Bref, un univers musical et artistique à ne pas manquer !

Son premier EP, « Wounds », nous raconte les dérives de l’amour (toxic, obsessif, addictif, illusoire, violent). Il nous parle aussi de ruptures et de blessures.

Pourquoi avoir choisi Imaina comme nom d’artiste?

Il y a un autre groupe bruxellois qui s’appelle Fabiola donc déjà ça c’était pas bon pour Spotify Google et tout ça. Et en fait, ce petit hic m’a permis de me poser la question. J’en ai parlé à ma maman qui est bolivienne et qui a des origines Quetchua et je trouvais très chouette l’idée de me reconnecter à mes origines indigènes. J’avais aussi envie d’avoir un nom d’artiste qui est complètement séparé de la personne que je suis en privé en fait. Fabiola ça reste la personne pour mes amis, ma famille et Imaina c’est mon personnage de scène. Ça me permet d’être beaucoup plus libre créativement.

C’est un personnage ou c’est le vrai toi ?

C’est moi mais améliorée (rires). C’est moi mais en plus fashion et créative. Ça reste moi mais je vais faire des choses sur scène qui ne sont pas vraiment liées à qui je suis dans ma vie de tous les jours.

Wounds parle d’amour toxique, de blessures. Qu’est-ce qui t’a inspirée pour l’écriture et la composition de ton EP ?

Il y a quelques années j’ai eu une conversation avec une amie très proche et elle m’a raconté des histoires d’amour toxique qu’elle avait vécues. Et c’est en parlant que je me suis rendue compte que moi aussi j’avais vécu des choses comme ça en fait. Et pleins d’autres amies avaient vécu des choses comme ça aussi. On ne se rend pas compte sur le moment même qu’on a vécu des relations toxiques en fait. C’est un peu le point de départ de la découverte de pleins d’histoires que j’ai vécues et de pleins de blessures qui restent encore ouvertes. Et c’est vraiment le point de départ de cet EP.  Il y a beaucoup d’histoires personnelles dans cet EP mais il y a aussi beaucoup d’histoires que des amis m’ont racontées et j’ai un peu tout mélangé pour raconter nos histoires, nos blessures.

Est-ce que tu penses que ces chansons vont pouvoir aider d’autres personnes qui ont eu des relations toxiques à s’en sortir ou à s’en rendre compte ?

Tout à fait ! Je pense que juste le fait d’entendre que d’autres personnes le vivent, tu te sens moins seul en fait. Tu te dis : « ok , c’est pas juste moi ». Parce qu’il y a aussi ce sentiment de honte de se dire « comment je ne me suis pas rendue compte en fait ? ». Il y a plein de personnes qui ont vécu des choses comme ça ! Moi aussi. Et je me suis rendue compte de certaines choses des années plus tard. Ça me fait du bien d’extérioriser ça et de me dire qu’il y a des gens qui peuvent s’identifier, qui peuvent se dire qu’ils ne sont pas tout seuls. J’ai d’ailleurs reçu des messages de personnes qui s’identifient à ce que je raconte.

« Wounds » est disponible en version digitale sur toutes les plateformes de streaming et en version physique sur le site de l’artiste.

Quels sont les thèmes qui te tiennent également à coeur ?

J’aime beaucoup écrire sur la sensualité et la sexualité des femmes en général. De manière subtile ! Je ne vais pas commencer à écrire des choses bizarres dans mes chansons mais c’est quelque chose qui me tient à cœur. Autrement, la liberté de manière générale, se sentir soi-même, être libre, forte, etc. Des choses qui me font sentir bien. Donc je pense que je vais commencer à explorer ces facettes-là de moi aussi.

Tu te définirais comme une artiste engagée ?

Je suis engagée parce que je n’ai pas le choix. Dans le sens où en tant que femme artiste t’as pas trop le choix en fait que d’être engagée, de te défendre et de lutter pour ce que tu veux dans la vie. J’essaie d’être forte, j’essaie de passer des messages positifs et empowering pour les femmes mais c’est juste parce que je suis femme et que j’ai envie que les autres femmes se sentent aussi bien que moi. Qu’on ait toutes cette liberté de s’exprimer.

Tu chantes en anglais, en espagnol et en français. C’était important pour toi de mélanger les langues dans ton EP ? Pourquoi ?

Oui ! Je suis moitié bolivienne, moitié belge et à la maison on parle vraiment un mélange de langues. Avec ma maman on parle espagnol, avec mon papa on parle français et à l’école anglais. Et même maintenant je sens qu’entre amis on mélange toujours l’anglais avec des petits mots, etc. Du coup ça s’est vraiment fait de manière naturelle en fait. J’avais envie d’être moi-même et de ne pas me limiter par rapport à la langue. Puis du fait que j’habite à Bruxelles, une ville multiculturelle, j’entends différentes langues dans le métro, mes potes parlent différentes langues aussi et donc c’est chouette de me dire que c’est un projet qui reflète aussi la multi culturalité de l’endroit où j’habite.

Ça t’aide à faire voyager ta musique ?

Oui ! Par exemple, j’ai une chanson dans l’EP qui s’appelle « Piel canela » et qui n’est qu’en espagnol. Et c’est grâce à cette chanson que j’ai su me faire un public en Bolivie et en Colombie par exemple. Je suis passée en radio là-bas et ça a vraiment été une porte d’entrée vers un autre public. Avec l’anglais j’essaie de me faire une petite place aux États-Unis et en Grande Bretagne aussi. Chanter dans différentes langues ça aide en fait. Les gens vont forcément plus s’identifier à quelque chose dans la langue qu’ils parlent.

Tu te décris comme « bruja » (sorcière). Pourquoi ?

En fait, j’adore le concept de la sorcière ! En tout cas en Amérique latine c’est très lié à la spiritualité et aux traditions. La bruja c’est vraiment une femme forte en fait. C’est une femme qui ne se laisse pas faire, qui est non conformiste. C’est aussi un peu lié au concept de sorcière européen parce que les sorcières à l’époque se faisaient persécuter, bruler vives, juste parce qu’on pensait qu’elles avaient des pouvoirs magiques ou juste parce que c’était des femmes qui disaient tout haut ce qu’elles pensaient. Je trouvais ça super intéressant ! C’est vraiment un modèle de femmes, et je voudrais être une femme comme ça.

Combien de temps ça t’a pris de faire cet EP ? Tu gères tout toute seule ?

Ça m’a pris un an et demi. Quand j’ai commencé mon projet j’étais toute seule. Mon producteur m’aide à arranger et produire musicalement mes morceaux mais c’est vraiment moi qui suis à la base de presque tout. Comme je suis une artiste indépendante c’est moi qui gère tout. Je suis signée dans un label à Londres pour la distribution de mes titres sur les plateformes, etc. mais je ne suis pas signée en tant qu’artiste dans un label. C’est moi qui fait la direction artistique, qui décide quand je sors un morceau, si je sors un clip ou pas . Et j’aime bien ça en fait ! J’aime bien avoir un contrôle sur ce que je sors, ce que je fais ou ne fais pas. Petit à petit  je me suis entourée d’autres personnes donc je suis moins seule mais c’est toujours moi qui prends les décisions. Et c’est important pour moi d’être libre !

Comment travailles-tu ?

Y a des moments où ça vient vraiment naturellement. Je suis dans le métro ou chez moi, j’ai une idée et donc je vais vite m’enregistrer, vite écrire un texte sur mon cahier ou sur mon gsm. Dans les blocs notes ou alors je m’envoie un texto à moi-même avec les paroles (rires). Et puis y a aussi les moments où je n’ai pas trop d’inspiration mais je m’oblige. Je me dit « Ok faut que je bosse ». J’ai envie de créer de nouvelles choses donc je m’oblige un peu. Je parle à d’autres amis artistes et on essaie de se donner des idées. J’en parle aussi à mon producteur qui est en fait mon frère. Je lui demande des idées, des thèmes. C’est important pour moi de travailler en collaboration avec d’autres personnes qui m’inspirent et me donnent des idées comme moi aussi je donne des idées à d’autres potes artistes quoi . Donc ça dépend vraiment de la période.

Travailler en famille ce n’est pas trop compliqué ?

Ça se passe super bien ! Au début c’est notre maman qui nous a un peu obligés à bosser ensemble quand on était petits. J’ai commencé à écrire quand j’avais 12-13 ans et lui prenait des cours de guitare. Et ma mère a dit : « mais ça serait trop bien que vous fassiez un groupe ensemble » ! Et donc c’était un peu obligé au début et puis maintenant, 10 ans après on s’entend super bien, on a les mêmes goûts, on a les mêmes objectifs aussi niveau musique, on a envie de s’améliorer, on va vers les mêmes sonorités, les mêmes sons et donc maintenant ça se passe super bien. On a justement cette connexion frère-sœur que je n’aurais pas avec d’autres personnes. Je peux lui dire « Tu vois ce que je veux dire ? » et il va me dire « Ouais ouais je comprends ! » (rires). Donc je ne dois pas trop expliquer, il sait ce que je veux dire , il sait ce que je veux et inversement donc c’est très agréable en fait de travailler avec lui.

Tu penses déjà à la suite ?

Oui, là je travaille sur des singles qui vont bientôt sortir je l’espère. Je commence aussi à composer pour un deuxième EP ou un album, je ne sais pas encore trop. Je compose, j’écris et je prépare aussi une petite tournée. Je commence vraiment à trouver des endroits où jouer pour pouvoir enfin défendre mon EP en live. C’est prévu pour l’été (à partir de fin juin jusque septembre). J’espère qu’elle pourra se faire!

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