San Holo : « Je veux que les gens créent leurs propres souvenirs avec ma musique »

Le néerlandais San Holo vient de sortir son deuxième album de vingt titres « bb u ok ? ».

L’album « bb u ok ? » est une suite à « album 1 », un disque pionnier dans le genre post-EDM qui lui a valu une reconnaissance internationale et de nombreux prix. Le jeune homme a d’ailleurs vendu plus de 100 000 tickets en Amérique du Nord, en Europe, en Asie, en Nouvelle-Zélande ou encore en Australie. Il est notamment passé par Loolapalooza, Eurosconic et Tomorrwland.

Pour San Holo, chaque note est une histoire, un souvenir. Sur les vingt titres de son nouvel album, « bb u ok ? », ses émotions transparaissent et nous embarquent. San Holo emprunte sa propre voie et mixe l’électro et l’indie. Sur cet album on retrouve aussi des collaborations avec entre autre American Football et Rivers Cuomo (Weezer).

L’album « bb u ok ? » est une suite à « album 1 », un disque pionnier dans le genre post-EDM qui lui a valu une reconnaissance internationale et de nombreux prix. Le jeune homme a d’ailleurs vendu plus de 100 000 tickets en Amérique du Nord, en Europe, en Asie, en Nouvelle-Zélande ou encore en Australie. Il est notamment passé par Loolapalooza, Eurosconic et Tomorrwland.

Peux-tu présenter ton univers et ton parcours musical ?

C’est une question très difficile, je pense. Ce que j’aime dire à propos de ma musique, c’est que j’ai toujours du mal à mettre des mots sur les choses parce que je pense que les mots et la description des choses en mots ne capturent jamais vraiment l’essence du sentiment ou de l’émotion, mais la musique le fait. Mais si je dois vraiment décrire mon univers, mes sons, je dirais que c’est de la musique électronique avec beaucoup d’influences indies comme la guitare ou encore ma voix.

Au niveau de mon parcours musical, j’ai commencé à jouer de la guitare à l’âge de 13 ans, puis j’ai joué dans de nombreux groupes. J’ai obtenu mon diplôme de guitariste, puis après j’ai commencé à faire des beats et c’est là que San Holo est né. Et c’est comme si ça avait explosé en Amérique ! J’avais tout ce bagage de guitare avec lequel je n’avais aucun succès et je faisais des beats et soudain les gens écoutaient ça. Je suis entré dans ce monde de DJ que je n’aurais jamais imaginé. Et puis, j’ai décidé d’incorporer ma guitare dans le monde des DJ et les gens ont d’abord pensé que c’était bizarre mais maintenant, tant d’années plus tard, c’est en quelque sorte devenu mon truc. Et c’est là que je suis maintenant ! Je suis le DJ qui joue de la guitare, je suppose (sourire).

Lorsque tu as commencé à créer de la musique, tu étais principalement guitariste, puis tu es passé à la production musicale. Pourquoi ?

Je pense que c’est parce qu’avec la guitare je n’avais pas beaucoup de liberté. J’avais déjà exploré ce que je voulais explorer mais avec la production musicale, j’ai soudainement ressenti cette liberté et je pouvais faire des chansons entières, programmer des batteries et créer tout cet univers, pas seulement la guitare mais l’univers entier juste avec mon ordinateur portable et cela m’a donné tellement de liberté et de joie. C’était juste le meilleur sentiment, de créer un truc complet sans avoir à compter sur d’autres groupes, membres ou chanteurs, batteurs, etc. Je pouvais tout faire moi-même. C’est pourquoi c’est si personnel pour moi, je fais beaucoup de choses moi-même.

Tu viens de sortir un nouvel album  » bb u ok ? « qui est très personnel. Qu’est-ce qui t’as inspiré pour le créer ?

Presque chaque chanson de l’album est comme une petite lettre à mes fans. Presque comme une note à moi-même aussi. Je voulais que l’album soit très personnel et c’est pourquoi il y a beaucoup d’écriture manuscrite. Écrire à la main est aussi la manière la plus personnelle et intime d’écrire. C’est beaucoup plus personnel que taper sur le clavier de son ordinateur ou faire un sms. Je pense que c’est un des éléments qui a contribué à ce ressenti d’intimité, de quelque chose de très personnel dans l’album. La plupart des chansons parlent de choses auxquelles je pense, de ce que je ressens et j’espère que les gens s’y identifieront à leur manière. Je n’essaie pas de créer mon histoire, j’essaie de créer des petites lettres aux gens qu’ils peuvent interpréter comme ils le souhaitent. Je me fiche de ce que les gens ressentent avec ma musique du moment qu’ils ressentent quelque chose. S’ils se sentent heureux, c’est génial, si elle les rend tristes, c’est génial aussi. Je veux que les gens créent leurs propres souvenirs avec ma musique.

Le titre de ton nouvel album est « bb u ok ? » et ironiquement, c’est le genre de choses qu’on dit par textos or, tu viens de dire que les chansons étaient plus comme des lettres. Alors pourquoi avoir choisi de mettre ça comme titre de l’album ?

« bbu ok ?  » était en fait un texto que j’ai reçu de quelqu’un à un moment donné de ma vie et je l’ai juste regardé et je me suis dit que c’était très beau. Ça m’a fait quelque chose. Je pense que ce que tu dis est très vrai. Tout le monde envoie des textos, plus personne n’écrit de lettres, et nous sommes tellement connectés à tout le monde dans le monde, mais le sommes-nous vraiment ? Sommes-nous vraiment si connectés ? Parfois, j’ai l’impression qu’à cause de tous ces réseaux sociaux et de toutes les options on perd quelque chose. Comme les enfants de nos jours qui grandissent avec les téléphones, ils grandissent, ils peuvent appeler n’importe qui à n’importe quel moment. Mais est-ce que nous nous connaissons vraiment ou est-ce que nous créons juste une sorte de masque sur les médias sociaux pour le montrer aux autres ? C’est de là que vient la question « bb u ok ? ». C’est censé être une question très authentique à laquelle on est censé répondre honnêtement. C’est une question sur comment tu te sens vraiment et pas seulement ce que je vois sur, sur les réseaux sociaux.  Est-ce qu’il t’arrive de croiser quelqu’un et de lui dire : « Hey, comment ça va ? » Et puis la personne répond, « ouais, je vais bien. Comment vas-tu ? « Et puis vous dites, « ouais, je vais bien », mais le sommes-nous vraiment ?  C’est de là que ça vient. C’est juste une question sincère. Je pense que les gens devraient être plus ouverts pour parler de ce qu’ils ressentent vraiment.

Est-ce que ça marque un nouveau chapitre dans ta carrière ?

Faire de la musique a toujours été quelque chose d’émotionnel pour moi, parce que c’est mon moyen d’expression. Je peux dire tellement de choses, mais je ne peux pas vraiment m’exprimer correctement avec des mots. Même si je parle beaucoup, j’ai parfois l’impression que les mots ne rendent pas vraiment justice à ce que je veux dire. C’est avec ça que je lutte tout le temps. Par exemple, je peux te dire toutes ces choses en ce moment, mais je ne suis pas sûr que tu les comprennes comme je les pense. Par exemple, essaie de décrire le sentiment que tu ressens quand tu tombes amoureux. Tu peux le décrire avec des mots, mais tu ne pourras jamais le ressentir avec les mots. C’est un sentiment. Et je pense que musicalement, c’est exactement ce que je veux faire. Je veux capturer les choses qu’on ne peut pas vraiment décrire avec des mots. Et je ne suis pas sûr que ce soit un nouveau chapitre. Je pense que c’est toujours ce que j’ai voulu faire, mais c’est définitivement un nouveau chapitre dans le sens où je suis plus confiant dans ma musique. Je sais où je vais. Avec mon premier album, j’avais très peur d’utiliser la guitare parce que c’était tellement nouveau et que les gens ne le comprenaient pas encore vraiment. Mais avec cet album, je me sens en confiance. C’est moi et c’est ma voix. L’album n’est pas parfait. Il y a 20 chansons et il y a parfois des bruits de fond. Elles ne sont pas parfaites. Elles sont parfois un peu déformées, mais c’est réel. Je voulais juste que ce soit réel et authentique.

Tu as ton propre label, Bitbird. Que préfères-tu : faire de la musique, la créer ou la produire ?

Définitivement ma propre musique. J’aime soutenir les artistes qui sont géniaux. J’ai beaucoup d’amis sur Bitbird qui font leur propre musique et ils sont tellement géniaux. Et je veux que le monde les entende, et je veux utiliser Bitbird comme un canal pour amplifier leur musique au monde. Je veux qu’ils soient les plus grands artistes du monde parce que je les aime tellement. Mais au final, ce que j’ai le plus aimé, c’est faire ma propre musique et me concentrer sur mon propre projet.

Tu as créé tes chansons à Los Angeles. Était-ce difficile avec cette pandémie ?

Ce que peu de gens savent, c’est que cet album a été enregistré juste avant le début de la pandémie. Je crois que j’ai terminé la dernière chanson le jour où le monde s’est arrêté. Donc la partie la plus difficile de cette année a été d’attendre la sortie de l’album. Et bien sûr, nous avons dû travailler sur beaucoup d’autres choses, comme le design de l’album, le spectacle et le look du vinyle. Mais cette année a été très difficile parce que j’ai dû attendre, je crois, un an et demi pour sortir l’album.

As-tu des concerts prévus ou un autre projet ? 

Oui ! Je viens d’annoncer une tournée en Amérique. On va tourner d’octobre à décembre. Il y a 40 concerts à venir. Je suis stressé à l’idée de repartir sur la route avec cette pandémie mais je suis surtout très excité à ce sujet.

Et as-tu des projets de tournée en Europe ?

Oui, je vais certainement faire une tournée en Europe. Mais je ne peux pas encore en parler.

Qu’est-ce que tu préfères dans la musique électronique ?

La liberté ! On peut faire ce que l’on veut. C’est aussi ce que je veux prouver avec cet album. On peut littéralement transformer des chansons rock en chansons électroniques et des chansons électroniques en chansons rock. La musique est magique comme ça. Je ne pense pas vouloir me considérer en tant qu’artiste électronique. Je veux juste me voir comme un musicien et un créateur de musique. Mes outils sont un ordinateur portable et une guitare et c’est ce qui en sort. C’est ce que j’aime dans la musique électronique, la liberté. Je pense que c’est une forme de musique très libre.

Le mot de la fin pour ton public belge ?  

Je me suis beaucoup amusé la dernière fois que je suis venu. J’ai vraiment hâte de revenir en Belgique car ce qui est amusant c’est que c’est si proche des Pays-Bas, mais en même temps, ce n’est pas pareil. C’est une sensation intéressante pour moi car je me souviens que lorsque je jouais à Amsterdam et que j’allais en Belgique, certaines personnes parlaient néerlandais, d’autres non. J’ai toujours aimé ça. J’ai l’impression d’être chez moi, mais aussi de ne pas l’être. C’est comme un rêve, un monde de rêve.

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